Les droits des enfants autistes

Conférence du lundi 5 décembre 2016, 18h

Télécharger l’affiche de la conférence

Maître Sophie JANOIS, Avocat à la cour, Barreau de Paris, Spécialisée dans la défense des enfants et jeunes adultes avec TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme), TDA/H (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) ou DYS (troubles spécifiques des apprentissages, dyslexie, dysgraphie, etc.).

Lors de cette conférence, seront abordés les droits des enfants autistes, à savoir les droits issus du Code de la santé publique (droit au diagnostic et droit à des soins appropriés), le droit aux allocations et les décisions des MDPH.

Seront également abordés les recours contre les décisions des MDPH, le droit à l’éducation et les moyens de se défendre face à d’éventuelles mesures d’assistance éducative.

L’intérêt de la pédagogie Montessori et des procédures d’enseignement basées sur la preuve pour soutenir les élèves avec autisme

Conférence du lundi 17 octobre 2016, 18h

Télécharger l’affiche de la conférence

 

Lydie LAURENT, Master Scolarisation et Besoins Educatifs Particuliers, enseignante et formatrice spécialisée pour les élèves présentant des troubles cognitifs, fondatrice du réseau Epsilon à l’Ecole. http://www.epsilonalecole.com

 

Tous les enfants, même ceux présentant de l’autisme, sont des élèves dont le droit à l’école doit être garanti par la société.

Afin que cette volonté devienne une réalité et que chaque enfant présentant de l’autisme puisse développer des compétences scolaires, il est nécessaire de tenir compte :

  • de la dyade autistique (troubles de la communication sociale, comportements restreints et répétitifs)
  • des interprétations particulières des stimuli sensoriels de l’élève porteur d’autisme
  • de son mode de pensée spécifique.

Comprendre cet élève particulier est une première étape essentielle pour ensuite utiliser des stratégies pédagogiques adaptées à ses différences.

La pédagogie Montessori peut  être une source d’inspiration. Maria Montessori (1870-1952), médecin et pédagogue, a étudié pendant 50 ans des enfants de milieux sociaux et culturels très défavorisés et en grande difficulté d’apprentissage. Elle a élaboré une pédagogie qui repose sur des bases scientifiques, philosophiques et éducatives. Certes, sa méthode date un peu et certaines connaissances nécessitent d’être actualisées, mais ses outils sont vraiment intéressants, efficaces, pertinents et toujours d’actualité. Elle utilise du matériel repris aux professeurs Jean Itard et Edouard Seguin, tout en l’adaptant aux périodes sensibles de l’enfant. Le matériel sensoriel est donné à l’enfant comme une aide au développement de l’intelligence et de la main. Le matériel sensoriel mis au point par Maria Montessori permet à l’enfant de distinguer, de préciser, de généraliser, du concret vers le concept et du concept vers l’abstrait, tout en l’éveillant à la vie sociale.

Les enfants au développement typique trouvent la plupart du temps dans leur environnement les conditions nécessaires à l’apprentissage du langage, du jeu et des relations sociales. Ils développent ainsi dans leur vie quotidienne les prérequis nécessaires à tout apprentissage plus spécifique. Ce n’est pas le cas pour les enfants autistes.

En effet, les enfants qui présentent de l’autisme ne suivent pas les grandes lignes du développement des enfants neurotypiques (terme utilisé par des adultes avec autisme, dit neuro-atypiques pour désigner les personnes dites ordinaires). Afin de les aider, il est donc nécessaire de les évaluer précisément afin de déterminer leurs émergences. Cette première étape permet de cibler leurs besoins éducatifs  et scolaires particuliers.

De plus, les sciences de l’apprentissage permettent, grâce à une connaissance et une analyse précise des comportements, de ses antécédents et conséquences, d’élaborer et de mettre en place des stratégies pédagogiques adaptées au développement et aux particularités de l’enfant. Les procédures d’enseignement mises en évidence pour leur efficacité au niveau de la recherche en autisme, notamment en ABA (Analyse Appliquée du Comportement), PRT (Traitement des Réponses Pivots), en TEACCH (Traitement et éducation des enfants autiste ou atteints de troubles de la communication associés) sont transposées au niveau scolaire avec l’appui des outils Montessori.

L’objectif de la conférence est de préciser comment tirer bénéfice de ces approches pour soutenir le développement des compétences scolaires des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme.

Apports de la musique pour les personnes avec autisme

Conférence du lundi 30 MAI 2016, 18h

Télécharger l’affiche de la conférence

Une conférence à 3 voix avec :

Francoise Dorocq , professeur de piano, psychologue, auteur de la Méthode Dolce©, Formatrice et professeur libéral à Paris
La personne avec autisme, souvent décrite comme déficiente intellectuelle, présente simplement un fonctionnement cognitif différent. Le développement de ces personnes s’effectue dans et à travers le perceptif et le sensoriel. La musique, qui est l’art d’assembler les sons, trouve un écho formidable auprès des personnes avec autisme. C’est pourquoi la Méthode Dolce© qu’elle a mise en place est une technique spécifiquement adaptée au syndrome. Cela passe par une réappropriation du schéma corporel à travers les sons, le toucher, l’odorat, la psychomotricité fine. L’action autour du piano, ou d’un autre instrument de musique, consiste donc à utiliser cet instrument comme médiation pour entrer en lien avec l’élève. C’est ce travail autour des remédiations obtenues par cette médiation, et les évaluations que l’on peut en faire, qui seront présentés lors de cette conférence.
Isabelle Fraval, musicothérapeute en région PACA, spécialisée auprès des personnes avec autisme, diplômée de l’université Montpellier III. Musicienne, auteur-compositeur-interprète
Ce formidable outil qu’est la musique, au-delà de son rôle fédérateur et artistique, permet d’élaborer une approche thérapeutique douce et « non contraignante”. L’expression musicale convoque toutes les fonctions cognitives et participe à la plasticité cérébrale. Elle touche les zones du langage, de la motricité mais régule aussi les émotions et la motivation. Offrant une enveloppe sonore qui peut-être apaisante, attirante et rassurante, elle représente une thérapie de choix pour les personnes avec autisme. Elle permet d’engager la rencontre avec l’autre là où il en est, et ce, quelque soient son expression et son langage, de favoriser une interaction avec autrui, et d’engager de profonds changements, comme l’accès au langage. La musicothérapie est un précieux outil de stimulation cognitive, émotionnelle et relationnelle, qui sera présentée, et tout particulièrement son intérêt dans le cas de l’autisme.

Kristian Schott, violoniste, compositeur, diagnostiqué Autiste de haut niveau, prosopagnosique et hémiplégique léger
La musique est un art et comme tout art, elle permet de se véhiculer, faire des rencontres au-delà des frontières des langues vivantes entre elles, jusque dans le retard d’acquisition du langage, le non accès au langage. Elle permet de se mouvoir, de s’exprimer, de se promouvoir au-delà des frontières du corps jusqu’en dehors de ses difficultés handicapantes. C’est donc un témoignage qui sera présenté, et possiblement accompagné par la musique.

La vision : pour quoi faire chez les enfants avec Troubles du Spectre de l’Autisme ?

Conference Favie du 7 MARS 2016 à 18h

Télécharger l’affiche de la conférence

Marie-Laure LABORIE est Orthoptiste à Montauban (82), Présidente AFONV (Association Française Orthoptie NeuroVisuelle) et Formatrice.

Voir c’est pouvoir accéder et connaître le monde qui nous entoure. Pour le nouveau-né et le très jeune enfant, la vision est un des cinq sens qui permet d’établir un contact et de découvrir le monde environnant. Quatre vingt pour cent des informations sensorielles passent par la vision. Ainsi, l’appréciation de la vision ne se limite pas à la prise d’acuité visuelle et c’est pourquoi, si l’examen ophtalmologique reste nécessaire, une bonne vue ne signe pas nécessairement une bonne utilisation de la vision et du regard. En effet, la vision est basée sur des phénomènes de sensations visuelles (lumineuses, colorées et de formes) qui vont être à l’origine de phénomènes plus complexes, nécessitant l’intervention de la motricité oculaire conjuguée aux mécanismes de perception visuelle.

Dans le cas des TSA, l’enfant peut être vu par l´orthoptiste car bien souvent il fonctionne en « sous-utilisation » de ses capacités visuelles. Il est donc important de connaître comment s’établit sa vision et le niveau de développement de sa perception visuelle.

L’objectif de cette conférence est de sensibiliser parents et professionnels à l’importance de la vision et au rôle de l’orthoptiste dans la pris en charge des enfants avec TSA. Pour cela, un rappel sera fait sur ce qu’est l’orthoptie et ce que fait l’orthoptiste, quel est son champ d’action, puis des  précisions physiologiques et développementales concernant la vision seront données, ainsi qu’un point particulier sur le bilan orthoptique et la rééeducation dans le cadre de la prise en charge orthoptique neurovisuelle des enfants avec TSA.

Une conférence à deux voix sur les particularités sensorielles dans les troubles du spectre de l’autisme, leur évaluation et leur prise en charge

Conférence Favie du 11 janvier 2016

Télécharger l’affiche de la conférence

 

Claire Degenne, Docteur en Psychologie de l’Université Paris Descartes ; Psychologue au C.E.A.A. Centre Expertise Autisme Adultes, CH-Niort ; Directrice Clinique Adjointe de Formavision.

Les recherches actuelles démontrent que les problématiques sensorielles jouent un rôle central dans les Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA), comme en témoigne leur apparition récente dans les critères diagnostiques de l’autisme (DSM-5, APA, 2013). Il existe toutefois très peu d’outils permettant de les évaluer et qui soient validés en français et adaptés aux adultes avec autisme. La recherche que je présenterai visait donc à (1) créer un nouvel outil, l’ESAA : Evaluation Sensorielle de l’Adulte avec Autisme, (2) réaliser les études de validation psychométriques de celui-ci auprès d’un groupe de 118 adultes avec autisme, (3) étudier de façon différentielle les profils sensoriels des adultes avec autisme et dégager d’éventuelles dominantes pathologiques de la sensorialité, (4) étudier le lien entre l’intensité des troubles sensoriels et les troubles du comportement.  Mon intervention sera centrée sur la présentation des résultats de cette étude et soulignera l’importance d’évaluer les profils sensoriels des adultes avec autisme afin de mieux analyser et prendre en compte leurs besoins sensoriels dans la vie quotidienne et aménager un environnement adapté à leurs réactivités sensorielles.

 

Olivier Gorgy, Psychomotricien D.E. ; Docteur en Sciences du Mouvement Humain de l’Université d’Aix-Marseille ; formateur et praticien libéral à Marseille.

Les dysfonctionnements sensoriels constituent une base permettant de comprendre le comportement de la personne autiste. Ainsi, l’évaluation sensorielle présente un intérêt certain mais doit être étendue à un profil pluridimensionnel qui s’intéresse aussi aux troubles du développement. Bien que des thérapeutiques sensorielles existent, elles ne font pas l’unanimité concernant la cohérence des approches et des résultats. Ceci confère à la recherche sur les protocoles sensoriels un intérêt certain afin de démocratiser et de mieux contrôler les pratiques thérapeutiques.

Accompagner les adultes avec syndrome d’Asperger : comment favoriser l’accès à l’emploi

Conférence du 30 novembre 2015

Télécharger l’affiche de la conférence

Diletta Viezzoli, Psychologue-neuropsychologue et psychothérapeute TCC au C3R de Grenoble (Centre Référent de Réhabilitation psychosociale et de Remédiation cognitive) auprès du Centre Hospitalier Alpes-Isère de St. Egrève. Elle s’occupe de l’évaluation diagnostique standardisée dans le cadre du Centre Expert Asperger (Fondation Fondamental), de la mise en place d’ateliers d’éducation thérapeutique, de suivis TCC individuels et d’actions d’accompagnement dans le cadre de l’insertion professionnelle et du soutien à l’emploi de personnes ayant le syndrome d’Asperger.

Dans le cadre du C3R de Grenoble, le parcours d’accompagnement d’une personne avec syndrome d’Asperger (SA) se définit avant tout par le biais d’un Plan de Suivi Individualisé dans lequel les besoins d’insertion professionnelle ou de retour à l’emploi sont pris en compte autant que les besoins de compréhension du diagnostic, d’entraînement aux habiletés sociales ou de gestion du stress.

Depuis quelques années un dispositif de plus en plus spécifique au contexte du travail est expérimenté au sein du C3R avec une équipe pluridisciplinaire (ESSORT) et le support d’un réseau de partenaires du secteur médico-social, sanitaire et social (RéHPsy). Cette équipe intervient auprès des personnes ayant reçu un diagnostic de SA en se basant sur des concepts fondamentaux partagés tels que, par exemple, l’évaluation des ressources et des besoins, la coordination d’un parcours individualisé et le modèle d’intégration à l’emploi de type IPS (Individual Placement and Support) dans l’objectif de favoriser leur rétablissement.

Un ensemble d’outils et d’accompagnements spécifiques (comme que le job coaching, la mise en situation de travail, la prise en compte des difficultés psychologiques et d’adaptation) est proposé en individuel ou en atelier, et de manière flexible en fonction de chaque projet de vie.

Des exemples de parcours de soutien à l’emploi en milieu ordinaire et protégé seront proposés au cours de cette conférence ainsi que des vidéo-témoignages des personnes actuellement suivies par le C3R.

Découverte d’une pièce manquante dans le puzzle des autismes

Conférence du 12 octobre 2015

Télécharger l’affiche de la conférence

François Féron, professeur de neurosciences et chercheur au Laboratoire de Neurobiologie des Interactions Cellulaires et Neurophysiopathologie (NICN), Université d’Aix-Marseille et CNRS

Bruno Gepner, psychiatre, chargé d’enseignements et chercheur associé au NICN, Université d’Aix-Marseille et CNRS

Comprendre les mécanismes qui sous-tendent les troubles du spectre autistique (TSA), dont souffrent 7,6 millions de personnes selon l’Organisation mondiale de la santé, est un défi important. Caractérisées par une origine multifactorielle, ces pathologies complexes se mettent en place au cours du développement du cerveau.
Notre équipe multidisciplinaire constituée de chercheurs, techniciens, médecins et psychologue a découvert que le gène codant pour l’enzyme Mocos (sulfurase du cofacteur à molybdène) est sous-exprimé dans les cellules souches olfactives de neuf des onze adultes TSA du groupe étudié. Cette sous-expression de l’enzyme induit une hypersensibilité au stress oxydatif (c’est-à-dire à la toxicité des radicaux libres), des synapses en moins grand nombre et une neurotransmission anormale due à une diminution du nombre de vésicules transportant les neurotransmetteurs. Ces résultats sont particulièrement intéressants car, bien que des centaines de gènes aient déjà été identifiés pour leurs rôles présumés dans les troubles autistiques, chacun d’eux n’explique au mieux que 1% des cas.
Cette conférence a pour but de présenter les résultats de cette étude et les perspectives qu’elle ouvre pour le développement à long terme de nouvelles méthodes de diagnostic et de nouveaux outils thérapeutiques pour les personnes atteintes de TSA.

Référence de la publication :
Féron F, Gepner B, Lacassagne E, Stephan D, Mesnage B, Blanchard M-P, Boulanger N, Tardif C, Devèze A, Rousseau S, Suzuki K, Belmonte JCI, Khrestchatisky M, Nivet E, Erard Garcia M. (2015). Olfactory stem cells reveal MOCOS as a new player in autism spectrum disorders. Molecular Psychiatry. doi:10.1038/mp.2015.106

Le syndrome d’Asperger au féminin : quelles spécificités?

Télécharger l’annonce de la conférence du 22 juin 2015

Julie Dachez est autiste Asperger, blogueuse militante, et jeune chercheuse en psychologie sociale. Elle étudie dans son travail de recherche les attitudes et changements d’attitudes à l’égard de l’autisme, ainsi que les stratégies de coping. En parallèle, elle s’intéresse également aux particularités du syndrome d’Asperger au féminin ainsi qu’à la neurodiversité.

« Les femmes autistes Asperger se différencient en bien des points de leurs homologues masculins. Par leurs caractéristiques, d’une part, puisque leurs stéréotypies seront plus discrètes et leurs intérêts spécifiques plus acceptables socialement : elles s’intéressent ainsi bien souvent à l’art, aux sciences humaines, aux animaux. Et par leur stratégie d’adaptation, d’autre part. Elles ont en effet tendance dès leur plus jeune âge à imiter leurs pairs afin de se fondre dans la masse, et à développer leurs compétences sociales, pressées par les attentes de leurs parents et de la société toute entière qui exige d’une femme qu’elle soit chaleureuse et sociable. Pour ces raisons, et aussi parce que les référentiels qui existent pour la pose du diagnostic ont été construits à partir de l’étude de cas masculins, les femmes Asperger passent bien souvent entre les mailles du filet et reçoivent un diagnostic plus tardivement que les hommes Asperger, surtout lorsqu’elles ont un QI supérieur à la moyenne. Elles sont invisibles parmi les invisibles.

Nous nous intéresserons donc de plus près à leur cas en faisant des allers retours entre mon propre témoignage de femme Asperger et la littérature existante sur le sujet. Nous aborderons ainsi les caractéristiques des femmes Asperger, les questions de l’orientation sexuelle et de la dysphorie de genre, et la théorie de l’autisme comme « forme extrême du cerveau masculin ».
Nous aborderons en fin de conférence le concept de neurodiversité, et les défis qui devront être relevés par la communauté autiste française si elle veut s’imposer comme soutien à ce courant de pensée. »

Conférence FAVIE du 23 mars 2015

Dispositifs d’accompagnement innovants ou ré-innovants pour des enfants et des adultes avec autisme dans les Bouches du Rhône

Télécharger l’annonce

Bernadette Salmon est vice-présidente de l’Association Prévention Autisme Recherche (APAR), et mère d’un jeune adulte avec autisme. L’APAR est à l’origine, dans la région PACA, de la création de plusieurs SESSAD (Service d’éducation spécialisée et de soins à domicile), DUE (Dispositif d’unité d’enseignement), et récemment d’une Unité d’Enseignement en Maternelle (UEM), qui fait partie des 30 unités de ce type devant ouvrir en France, et découlant de la fiche action 5 du troisième Plan Autisme. L’APAR est également à l’initiative de sorties, loisirs et activités sportives. Bernadette Salmon présentera d’une part l’UEM, ouverte en janvier 2015. Cette réalisation  novatrice se référant aux recommandations de la HAS et de l’ANESM, est destinée à offrir à de jeunes enfants, une prise en charge scolaire, éducative, rééducative et thérapeutique sur une unité de lieu et de temps, en milieu ordinaire. Elle ouvre l’école à des enfants qui trouveraient difficilement leur place dans une classe maternelle, même accompagnés d’une AVS. D’autre part, elle  présentera  la mise en route d’un réseau d’activités physiques adaptées, destiné à des personnes  avec autisme ou TED, de l’enfance à l’ âge adulte.

 François SOUMILLE est pédopsychiatre, responsable médical du pôle de services autisme développé par l’Association régionale pour l’intégration (ARI) à Marseille. Ce dispositif innovant doit permettre d’améliorer la qualité des parcours de soins et d’accompagnement sur le centre-ville et les quartiers nord de Marseille. En  cours de déploiement, ce pôle regroupera un SESSAD  et un IME autisme (3 – 20 ans), une équipe de diagnostic et d’accompagnement précoce pour les jeunes enfants, un hôpital de jour pédopsychiatrique  ainsi qu’une unité d’enseignement : « l’atelier-classe ». L’atelier-classe met en œuvre un programme pédagogique intensif pour enfants avec autisme sans langage qui  s’inscrit  dans une recherche-action multicentrique menée par la Croix Rouge Française et l’association PREAUT (Programme de recherche et d’études sur l’autisme).

Pauline Santacreu et Yves Desnos, psychologues, et Bruno Gepner, psychiatre, représenteront le SAMSAAD, Service d’accompagnement médico-social pour adultes autistes à/à partir du domicile. Créé il y a 10 ans sous une forme expérimentale, géré depuis 5 ans par l’association ADMR13-Autisme (membre de la Fédération ADMR 13), ce service est dédié à l’accompagnement de 50 adultes présentant des troubles envahissants du développement ou troubles du spectre de l’autisme, sur l’ensemble du département des Bouches-du-Rhône. Ses interventions très diverses visent la santé médico-psychologique, l’autonomisation, l’insertion sociale et socio-professionnelle, la socialisation, la domiciliation, la qualité de vie, etc. Les principes éthiques et théorico-cliniques du SAMSAAD, son équipe pluridisciplinaire, son utilité médico-sociale au sein du réseau, et les limites de son fonctionnement, seront présentés et discutés.

 

Chaque exposé sera suivi d’une discussion. Une discussion générale s’ensuivra avec les représentants d’autres dispositifs innovants dédiés aux enfants et adultes autistes dans les Bouches du Rhône.

Conférence Favie du 19 janvier 2015

Applications numériques au service des personnes avec autisme, des professionnels et des accompagnants

Télécharger l’annonce

Les ordinateurs ou tablettes sont désormais courants dans nos environnements et l’idée de s’en servir comme support pédagogique n’est pas nouvelle, y compris pour les personnes avec autisme. Dès 1968, Colby a utilisé l’ordinateur auprès des personnes avec autisme non verbales ou sans langage fonctionnel pour améliorer leur communication. De nombreuses études ont depuis montré un impact positif de l’utilisation de ce support dans plusieurs domaines tels que l’apprentissage du vocabulaire, l’expression verbale, l’imitation, la lecture de mots. Ces outils sont connus pour intéresser particulièrement les enfants avec autisme et les aider à mieux comprendre leur environnement, du fait de la délimitation d’un espace visuel, présenté verticalement, focalisant l’attention, et qui s’avère reproductible, prévisible, etc.
Plus récemment, un nombre croissant d’applications numériques sur tablette tactile s’est invité dans l’environnement  ludique, pédagogique, psycho- et socio-éducatif des enfants et des adultes avec autisme. Interactives, intuitives, mobiles et personnalisables, ces applications peuvent être un véritable facteur d’inclusion à l’heure où le numérique investit l’école et les entreprises, en favorisant l’autonomie et les apprentissages.

Ainsi, Sarah Cherruault présentera un bouquet d’applications numériques dédiées aux enfants avec autisme, notamment l’application Logiral™ pour tablettes, un logiciel de ralentissement des informations audio-visuelles, qui a été développée grâce au soutien du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche sur la base des recherches de Bruno Gepner et Carole Tardif, qui, avec Aurore Charrier, présenteront leurs travaux montrant l’intérêt de ralentir l’environnement audio-visuel chez des enfants avec autisme.

Sarah Cherruault-Anouge dirige à Paris la société Auticiel®, spécialisée dans le développement de solutions logicielles innovantes pour les personnes en situation de handicap cognitif, notamment avec autisme. Un objectif : améliorer l’inclusion des personnes avec handicap cognitif. Trois missions : créer des outils pertinents et adaptés, accompagner les professionnels et les parents vers des outils personnalisés, informer et sensibiliser le grand public.

http://www.auticiel.com
http://www.applications-autisme.com

Aurore Charrier, psychologue, vient de soutenir sa thèse de psychologie sous la direction de Carole Tardif.

Carole Tardif est professeur de psychologie et psychopathologie développementales à l’Université d’Aix-Marseille, Centre de recherche Psyclé.

http://centrepsycle-amu.fr/logiral/

Bruno Gepner est psychiatre, chercheur et enseignant, spécialiste de l’autisme.