Neurofeedback et troubles du spectre de l’autisme : observations cliniques

Conférence du 2 décembre 2019

Jérémy Simon est psychologue au Centre d’Évaluation et de traitement de la douleur à l’hôpital de La Timone, et exerce en libéral à Marseille et à Venelles. Parmi ses actions psychothérapeutiques, il pratique le neurofeedback, et est de plus en plus sollicité pour le TSA puisque les troubles de l’attention y sont fréquemment associés et que le neurofeedback est une méthode de rééducation de ces troubles.

Apparu au début des années 1970, le neurofeedback prend son essor depuis une décennie, s’appuyant sur les progrès des neurosciences, de l’électroencéphalogramme (EEG) et de l’informatique. Comme l’indique son étymologie, la méthode thérapeutique consiste à informer en temps réel – donner un feedback – un sujet sur son activité cérébrale spontanée, dans le but d’apprendre à la modifier, suivant les principes du conditionnement opérant. Concrètement, les ondes cérébrales cibles sont enregistrées via des électrodes placées sur le cuir chevelu, amplifiées, numérisées puis présentées (feedback) sous une forme visuelle (et/ou auditive) dans l’environnement graphique d’un jeu vidéo (serious game).

Des applications du neurofeedback se trouvent dans la prise en charge de différents troubles neurologiques et neurodéveloppementaux, dont le traitement du trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Le plus documenté, il apparaît dans les recommandations de l’Académie de Pédiatrie aux Etats-Unis en 2013, puis de la Haute Autorité de Santé (HAS) en France en 2014.

Alors que les domaines d’application du neurofeedback se diversifient, est-il une indication dans l’accompagnement des troubles du spectre de l’autisme (TSA) ? Quels bénéfices peut-on réellement attendre d’une telle prise en charge ? Bien que les données de la littérature scientifique soient encore limitées, notre recueil des observations auprès des enfants, des parents et des professionnels, semaines après semaines, confortent l’hypothèse d’une amélioration fréquente des capacités d’auto-régulation cognitive, émotionnelle et/ou comportementale, probablement via une amélioration des fonctions exécutives.