L’intérêt de la pédagogie Montessori et des procédures d’enseignement basées sur la preuve pour soutenir les élèves avec autisme

Conférence du lundi 17 octobre 2016, 18h

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Lydie LAURENT, Master Scolarisation et Besoins Educatifs Particuliers, enseignante et formatrice spécialisée pour les élèves présentant des troubles cognitifs, fondatrice du réseau Epsilon à l’Ecole. http://www.epsilonalecole.com

 

Tous les enfants, même ceux présentant de l’autisme, sont des élèves dont le droit à l’école doit être garanti par la société.

Afin que cette volonté devienne une réalité et que chaque enfant présentant de l’autisme puisse développer des compétences scolaires, il est nécessaire de tenir compte :

  • de la dyade autistique (troubles de la communication sociale, comportements restreints et répétitifs)
  • des interprétations particulières des stimuli sensoriels de l’élève porteur d’autisme
  • de son mode de pensée spécifique.

Comprendre cet élève particulier est une première étape essentielle pour ensuite utiliser des stratégies pédagogiques adaptées à ses différences.

La pédagogie Montessori peut  être une source d’inspiration. Maria Montessori (1870-1952), médecin et pédagogue, a étudié pendant 50 ans des enfants de milieux sociaux et culturels très défavorisés et en grande difficulté d’apprentissage. Elle a élaboré une pédagogie qui repose sur des bases scientifiques, philosophiques et éducatives. Certes, sa méthode date un peu et certaines connaissances nécessitent d’être actualisées, mais ses outils sont vraiment intéressants, efficaces, pertinents et toujours d’actualité. Elle utilise du matériel repris aux professeurs Jean Itard et Edouard Seguin, tout en l’adaptant aux périodes sensibles de l’enfant. Le matériel sensoriel est donné à l’enfant comme une aide au développement de l’intelligence et de la main. Le matériel sensoriel mis au point par Maria Montessori permet à l’enfant de distinguer, de préciser, de généraliser, du concret vers le concept et du concept vers l’abstrait, tout en l’éveillant à la vie sociale.

Les enfants au développement typique trouvent la plupart du temps dans leur environnement les conditions nécessaires à l’apprentissage du langage, du jeu et des relations sociales. Ils développent ainsi dans leur vie quotidienne les prérequis nécessaires à tout apprentissage plus spécifique. Ce n’est pas le cas pour les enfants autistes.

En effet, les enfants qui présentent de l’autisme ne suivent pas les grandes lignes du développement des enfants neurotypiques (terme utilisé par des adultes avec autisme, dit neuro-atypiques pour désigner les personnes dites ordinaires). Afin de les aider, il est donc nécessaire de les évaluer précisément afin de déterminer leurs émergences. Cette première étape permet de cibler leurs besoins éducatifs  et scolaires particuliers.

De plus, les sciences de l’apprentissage permettent, grâce à une connaissance et une analyse précise des comportements, de ses antécédents et conséquences, d’élaborer et de mettre en place des stratégies pédagogiques adaptées au développement et aux particularités de l’enfant. Les procédures d’enseignement mises en évidence pour leur efficacité au niveau de la recherche en autisme, notamment en ABA (Analyse Appliquée du Comportement), PRT (Traitement des Réponses Pivots), en TEACCH (Traitement et éducation des enfants autiste ou atteints de troubles de la communication associés) sont transposées au niveau scolaire avec l’appui des outils Montessori.

L’objectif de la conférence est de préciser comment tirer bénéfice de ces approches pour soutenir le développement des compétences scolaires des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme.

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